Vous avez lu des choses bien méprisables

"Vous avez lu des choses bien méprisables, lui dit le sage lettré ;..."

“Vous avez lu des choses bien méprisables, lui dit le sage lettré ; mais dans tous les temps, et dans tous les pays, et dans tous les genres, le mauvais fourmille et le bon est rare. Vous avez reçu chez vous le rebut de la pédanterie, parce que, dans toutes les professions, ce qu'il y a de plus indigne de paraître est toujours ce qui se présente avec le plus d'impudence. Les véritables sages vivent entre eux, retirés et tranquilles il y a encore parmi nous des hommes et des livres dignes d'attention.”

Dans le temps qu'il parlait ainsi, un autre lettré les joignit ; leur discours furent si agréables et si instructifs, si élevés au-dessus des préjugés, et si conformes à la vertu, que babouc avoua n'avoir jamais rien entendu de pareil.“Voilà des hommes, disait-il tout bas, à qui l'ange Ituriel n'osera toucher, ou il sera bien impitoyable.” Raccommodé avec ses lettrés, il était toujours en colère contre le reste de la nation. “Vous êtes étranger, lui dit l'homme judicieux qui lui parlait ; les abus se présentent à vos yeux en foule, et le bien, qui est caché et qui résulte quelquefois de ces abus mêmes, vous échappe.”

Alors il apprit que parmi les lettrés il y en avait quelques-uns qui n'étaient pas envieux, et que parmi les mages mêmes il y en avait de vertueux. Il conçut à la fin que ces grands corps, qui semblaient en se choquant préparer leurs communes ruines, étaient au fond des institutions salutaires ; (…)

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